Microbrasseries : l’Inox et Brasserie Alpha s’associent et créent Brasseurs de la Capitale
Pour mieux se positionner dans un marché qui se resserre, les microbrasseries Inox et Alpha, toutes deux basées à Québec, s’unissent et créent Brasseurs de la Capitale. Tout sera déménagé dans une nouvelle bâtisse située dans la Haute-Saint-Charles, où seront dorénavant brassées ses bières et celles de l’Inox. Un restaurant doit aussi y voir le jour au cours de l’été. Ce nouveau modèle de partenariat serait inédit dans la province, selon eux, et permettrait de répondre aux difficultés qui secouent le marché québécois des bières artisanales, tout en gardant l’identité de leurs deux marques. Les cuves et l'équipement de brassage de la brasserie Alpha sont prêts à être déménagés dans la nouvelle bâtisse de la rue de la Colline, dans la Haute-Saint-Charles. Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau Cette union est apparue comme une évidence pour les propriétaires des deux brasseries. Ceux de l’Alpha, avec leur grand local de la rue Semple, cherchaient des solutions pour diminuer leurs coûts fixes. Et adon : l’Inox avait déjà le projet de faire construire un site de production au coin du boulevard de la Faune et de la rue de la Colline. Les deux entreprises avaient déjà collaboré par le passé. L’idée d’unir leurs forces leur semblait donc l’idéal. À travers ce mariage, les brasseurs souhaitent également devenir la référence en matière de bière dans la Capitale-Nationale, tout en faisant des économies d’échelle. L'Inox est la plus ancienne microbrasserie à Québec. Elle a été fondée en 1987. Photo : Radio-Canada / Steve Breton La collaboration, parfois à plus petite échelle, a de plus en plus la cote auprès des brasseurs artisanaux de la province, constate l'Association des microbrasseries du Québec. Pour Alain Harbour, sommelier en bière et auteur, l’association de l’Inox et d’Alpha s'inscrit dans une tendance qui dépasse le Québec, et se voit aussi en France, pays où il a voyagé récemment. Les brasseurs doivent également faire face à un autre défi, constate-t-il : le constant désir de nouveauté de la part de la clientèle. Les associations comme celle des Brasseurs de la Capitale sont donc une bonne façon de rester résilient sur ce marché qui a soif de découvertes, croit-il.L'association dans notre tête était absolument parfaite
, se réjouit David Martel, copropriétaire de la Brasserie Alpha. Dans son ancienne usine de production, les cuves et le matériel de brassage sont vides et prêts à être expédiés.On garde nos brands, on garde nos images de marque, on continue, mais on travaille en équipe
, assure Philippe Desrosiers, propriétaire de l’Inox, la plus ancienne brasserie artisanale de Québec.Brasseurs de la Capitale, qui est né, est propriétaire des équipements, va facturer nos clients, va payer les employés, va payer la matière première et tout le kit. En dessous de ça, cette entité-là possède deux marques, l'Alpha et Inox
, précise-t-il.
S'unir face aux coûts qui augmentent
Les enjeux actuellement, évidemment, c'est l'augmentation des loyers, des valeurs des taxes municipales aussi, ça nous pousse à repenser le modèle. Puis on cherchait un local plus modeste
, raconte David Martel.Au niveau du pouvoir d'achat, de la hausse des taux d’intérêt, de l'inflation aussi, des capacités d'achat des clients, tout ça, il y a une convergence actuellement qui s'effectue
, constate-t-il.La consolidation d'entreprises, de ressources de production et de vente, à mon avis, c'est vraiment la meilleure manière de réagir
, estime-t-il. En faisant une fusion comme on le fait actuellement Alpha-Inox, on conserve nos produits sur lesquels on travaille depuis plusieurs années, la renommée, la reconnaissance
.Le marché est difficile, le marché de la tablette est de plus en plus difficile, les grands brasseurs sont très présents, de plus en plus agressifs, c'est une manière de cohabiter, de travailler ensemble, de payer les factures à deux
, explique Philippe Desrosiers.
La collaboration : une tendance dans le marché
Il y a beaucoup d'initiatives en ce sens. Celles qu'on voit le plus en ce moment, c'est vraiment un partage des coûts, où les microbrasseries joignent leurs forces plus au niveau de la représentation et de la distribution
, observe Marie-Ève Myrand, directrice générale de l’Association.Si on a une nouvelle microbrasserie qui naît, les ventes vont aller super bien, mais après un an, les gens vont vouloir aller ailleurs
, constate-t-il.
Advertising by Adpathway









